Le volontariat est souvent raconté à travers les projets réalisés, les activités organisées ou les résultats obtenus. Mais plus rarement à travers celles et ceux qui le vivent au quotidien. Le 30 avril 2026, le Collectif des Volontaires du Sénégal (CODEVS) a fait un choix différent : donner la parole aux volontaires. Réunis au sein de l'École Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés, les participants ont pris part à une nouvelle édition du Carrefour du Volontariat Associatif autour d'une question aussi simple qu'essentielle :
« Qu'est-ce que le volontariat en 2026 ? »
Un thème qui invite à regarder au-delà des activités pour interroger le sens, les défis et l'avenir de l'engagement volontaire.
Un lieu symbolique pour une réflexion collective Le choix de l'École Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés n'était pas anodin. Travailleurs sociaux et volontaires partagent une même ambition : accompagner les populations, renforcer les solidarités et contribuer au développement humain. Dans un contexte où les défis sociaux deviennent de plus en plus complexes, cette rencontre a permis de croiser les regards et d'ouvrir un espace de dialogue sincère entre acteurs de l'engagement citoyen. Fidèle à son identité, le CODEVS a volontairement privilégié une approche participative, loin des grands discours parfois déconnectés des réalités vécues sur le terrain. Authenticité, singularité et convivialité ont marqué cette journée où les expériences personnelles ont souvent eu autant de valeur que les données présentées.
Cinq années d'engagement au service des communautés
Cette rencontre a également été l'occasion de présenter le rapport des cinq années du Collectif des Volontaires du Sénégal. Au-delà des chiffres, ce rapport témoigne d'un parcours collectif marqué par la mobilisation citoyenne, la coopération entre associations, l'innovation sociale et la valorisation du volontariat comme levier de développement humain. Il retrace l'évolution du mouvement, son impact sur les territoires et les communautés, mais aussi les défis qui restent à relever pour renforcer durablement l'engagement volontaire au Sénégal.
Le volontariat comme transformation personnelle et collective
L'un des moments les plus riches de la rencontre a été consacré aux témoignages des volontaires. Leurs récits ont révélé une réalité souvent invisible : le volontariat ne transforme pas seulement les communautés, il transforme également celles et ceux qui s'engagent. Les échanges ont abordé de nombreuses thématiques : • la quête de sens et d'impact ; • le volontariat comme école de la pratique ; • l'impact communautaire au-delà de la visibilité médiatique ; • les questions de légitimité et d'héritage ; • la circulation et le transfert des compétences ; • l'invisibilisation sociale de certaines formes d'engagement ; • la nécessité d'un soutien institutionnel renforcé ; • et la responsabilité collective envers les plus vulnérables. Autant de réflexions critiques qui démontrent la maturité croissante du mouvement du volontariat sénégalais. La dette de la liberté
Parmi les nombreuses contributions, une expression a particulièrement marqué les participants. Une formule forte qui a donné son sous-titre à cette rencontre :
Payer la dette de la liberté envers les plus vulnérables est une mission universelle. En structurant nos actions, en capitalisant nos succès et en finançant durablement l'engagement, nous ne faisons pas que soutenir des projets : nous bâtissons le Sénégal de demain, un Sénégal où chaque compétence trouve sa partition dans l'orchestre du développement.
Cette réflexion rappelle que le volontariat ne relève pas uniquement de la générosité individuelle. Il constitue également une responsabilité citoyenne, une manière de mettre sa liberté, ses compétences et son temps au service du bien commun.
Professionnaliser pour renforcer l'impact
Les discussions ont également souligné l'importance de poursuivre la professionnalisation du secteur associatif. Les volontaires ont insisté sur la nécessité de mieux structurer les organisations, de renforcer les mécanismes de financement, de développer les systèmes de suivi-évaluation et de reconnaître davantage la contribution du volontariat dans les politiques publiques. L'objectif n'est pas de dénaturer l'engagement volontaire, mais de lui donner les moyens d'agir plus efficacement au service des communautés.
Des contributions qui nourriront l'avenir
Afin de préserver la richesse des échanges, le CODEVS publiera prochainement un rapport de synthèse recensant les récits, les réflexions et les recommandations formulés durant ce Carrefour du Volontariat Associatif. Ce document contribuera à alimenter les réflexions nationales sur le rôle du volontariat dans le contexte de l'Année Internationale du Volontariat 2026 (IVY 2026). Il permettra également d'identifier les leviers d'action prioritaires pour renforcer l'engagement citoyen au Sénégal.
Une conviction partagée
Au terme des échanges, une certitude s'est imposée. Le volontariat demeure un pilier essentiel du développement humain, de la cohésion sociale et de la participation citoyenne. Plus qu'une activité, il est une manière d'habiter le monde et de contribuer à sa transformation. Le CODEVS remercie chaleureusement l'ensemble des volontaires pour la sincérité de leurs témoignages, ainsi que toutes les personnes présentes pour la qualité des échanges. Et comme l'a rappelé l'un des participants :
Tous les joyaux ne sont pas perceptibles par le commun des mortels.
Une invitation à reconnaître et à valoriser davantage toutes ces formes d'engagement souvent discrètes, mais essentielles à la construction d'une société plus solidaire.
Le volontariat est nécessaire.
Le volontariat est essentiel.
Et plus que jamais, nous devons poursuivre cet engagement.